mardi 28 avril 2020

Le retour des p'tits morveux


Lors de la crise actuelle, le gouvernement a fait un effort louable afin d’apeurer la population. Avec raison. Devant l’insouciance de certains « braves », le message d’épouvante devait se construire rapidement.

Ainsi, en regardant sa téléréalité quotidienne préférée, le Québécois en manque d’humilité envers la puissance de la nature a compris la gravité de la situation.

Au moment où le citoyen conçoit que sa vie est en danger, le succès d’une opération de confinement est possible. D’ailleurs, il suffit de sortir un tant soit peu de la maison pour constater l’évolution des changements dans nos comportements sociaux.

Maintenant, nous amorçons un virage à 90 degrés. Un déconfinement progressif. Ce changement soudain dans le discours a de quoi surprendre.

Je me sens aujourd’hui comme un enfant à qui l’on aurait raconté l’histoire du Bonhomme Sept Heures dans le but de le forcer à rester au lit… et à qui l’on demande subitement de se rendre à la toilette, seul dans la nuit sombre, afin d’éviter de pisser dans ses culottes.

Bref, il faudra déconstruire graduellement notre peur légitime. Une toute autre histoire. Une histoire beaucoup plus longue.

Retour à l’école

J’étais prêt à rentrer au travail. Avec le sourire. Pour une dizaine de bonnes raisons. Pour le moment, mes collègues du primaire auront à le faire.

Mais la « question qui tue » demeure sans réponse : est-ce que la reprise de l’année scolaire se fait vraiment pour ces bonnes raisons ?

Dois-je me fier à mon directeur Legault, à son directeur adjoint Arruda et au président du conseil étudiant Roberge ?

J’ose l’espérer, mais l’expérience m’a appris à me méfier du pouvoir politique.

Malgré tout le respect que j’ai pour le Dr Arruda, il reste, à mes yeux, un individu ayant un double rôle particulier : à titre de sous-ministre, il doit être loyal envers son boss et à titre de Directeur national de la Santé publique (et médecin), il a un devoir envers le public qu’il doit protéger. Une position délicate en de pareilles circonstances.

Or, il est permis d’être suspicieux lorsqu’on apprend que l’ex-présidente de Médecins sans frontières, la Dre Joanne Liu « aurait été écartée par Québec des groupes d’experts du gouvernement, car on craignait qu’elle ne soit pas « contrôlable », compte tenu du fait qu’elle n’a de compte à rendre à personne. »

La réalité

Lorsque l’on entend une chose et son contraire, un constat s’impose : nous sommes dans un match d’improvisation à saveur scientifique où la quantité de données sur lesquelles se fonder pour la prise de décisions fiables est encore trop faible.

J’éviterai ici les débats quant à la possible transmission aérienne par microgouttelettes ou encore celle confirmée par macrogouttelettes, mais la question se pose : quels seront les impacts d’une longue cohabitation dans une classe (souvent sans fenêtres ou avec des meurtrières) d’au plus 75 m2 avec un nombre X d’individus à l’intérieur ? Ou encore lors du trajet en autobus ? (sans masque, faut-il le rappeler... À ce propos, le modèle taïwanais semble un exemple à suivre)

Dans la tourmente, il y a une certitude : lorsque les écoles ouvriront leurs portes, des mesures strictes seront impossibles à respecter. Je le sais, car je côtoie des adolescents depuis 25 ans. Les enseignants du primaire vous diront la même chose.

Certains rigolos tourneront l’affaire au ridicule. Et pourquoi pas un petit jeu de tague-covid dans la cour d’école ? D’autres, un peu plus méchants, tenteront d’intimider les autres en menaçant de leur tousser au visage. Heureusement, il s’agira de l’exception.

La distanciation physique dans une école varie de 0 à 50 cm en moyenne. À mon école, en temps normal, 1400 personnes touchent les rampes d’escaliers, les poignées de portes ou les bureaux plusieurs fois par jour. À l’école primaire de mes enfants, ils sont plus de 900.

Des élèves se raclent la gorge, éternuent, toussent et se mouchent régulièrement. Les bureaux servent de dépotoir à kleenex. Ils ont parfois des allergies saisonnières et souvent le rhume. Il y a pire, comme l’influenza.

Voilà la routine habituelle dans un nid à virus.

Quelle devra être notre nouvelle réaction face à ces gestes banals quotidiens ? On testera systématiquement à chacun des signes afin de prévenir un drame ? Vraiment ?

À titre d’enseignant, je peux jouer un rôle important dans la déconstruction d’une peur chez mes élèves. Par contre, comment déconstruire celle chez les adultes ?

Quand on a pris l’habitude d’appeler la police pour dénoncer des enfants qui jouent ensemble, de distribuer des contraventions salées et qu’on ouvre les écoles en mai à la va-comme-je-te-pousse, il faut s’attendre à un cocktail explosif, voire mortel.



mardi 7 avril 2020

Éducation : la misère des riches


À l’aube du congé forcé, un directeur d’école a lancé le signal de départ de la course Mon école est meilleure que la tienne. Avec son retentissant « Pour nous, c’est business as usual », il a résumé notre conception néolibérale de l’école et par ricochet, celle de notre vie.

Dans ce monde d’apparence créé par la gestion comptable, nous devons faire la preuve d’une productivité visible.

Pour tout vous dire, il commence à être lassant ce discours idéalisant la pseudo-pédagogie à distance simplement dans le but de se donner bonne conscience. Simplement pour être fier de pouvoir se bomber le torse et affirmer la tête haute que « nous autres, on s’occupe de nos élèves ».

Urgence

« Le réseau de la santé et les services de sécurité publique sont les mieux préparés pour faire face à des situations d’urgence. C’est dans la nature de leur mandat d’assurer santé et sécurité en toutes circonstances. » – Michel Dex

Ce qui n’est définitivement pas le cas de l’école.

La notion d’urgence y est fort différente. Il s’agit plutôt d’un lieu où l’on prend son temps afin de consolider les apprentissages. Où l’on explique patiemment pendant 10 mois le savoir-faire et le savoir-être dans l’espoir de faire avancer chacun des élèves qui nous sont confiés.

Comment l’école pourrait-elle répondre instantanément à la situation actuelle ?

Je ne comprends pas notre définition de ce qu’est l’urgence.

Un peu de maths

Selon les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO, « environ 263 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes dans le monde (un sur cinq) ne sont pas scolarisés. »
Selon l’UNICEF, « environ 152 millions d'enfants dans le monde sont privés de leur enfance parce qu'ils sont impliqués dans le travail. Pire encore : 115 millions d’entre eux exercent des activités dangereuses. »
Pendant que nous buvons de la super eau avec plomb dans l’indifférence générale, sachez aussi que « l’accès insuffisant à une eau potable de qualité et le manque de services d’assainissement des eaux usées coûtent cher en vie humaine, avec 780 000 décès causés par la dysenterie et le choléra chaque année… » - Le Devoir
Un peu plus près de nous, les programmes du Club des petits déjeuners permettent de servir plus de 243 521 repas nutritifs chaque jour dans 1 809 écoles partout au Canada.
Au Québec, en 2018-2019, la DPJ a traité 105 644 signalements. Une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. De ce nombre, 41 530 signalements ont été retenus, soit une moyenne de 114 par jour.
Désespoir collectif actuel
Pour les anxieux pédagogiques, sachez que les enfants et les adolescents vont « perdre » approximativement 60 jours d’école ou 300 heures de classe. Ce qui représente environ 3 % de la vie scolaire d’un jeune pendant son parcours primaire-secondaire.

Paradoxalement, un élève qui s’absente l’équivalent de 6 jours par année pendant ce même parcours aura manqué 66 jours d’école… pour de bonnes et de moins bonnes raisons : maladie, voyage familial, voyage étudiant, activités éducatives, événements sportifs, emploi, session d’examens, suspension, etc.

Bizarrement, l’évolution des problèmes de santé mentale chez les jeunes ne semble pas créer de commotion : troubles anxieux (hausse vertigineuse), trouble du déficit d’attention (grande augmentation), dépression, troubles alimentaires chez les filles.

À cela, ajoutons notre apathie envers les ravages de l’utilisation abusive des écrans récréatifs…

À ce propos, une enquête du CEFRIO révélait que « les experts recommandent un temps d'écran maximum de deux heures par jour ou de 14 heures par semaine pour les jeunes de 5 à 18 ans. Or, nos données indiquent que 26 % des jeunes de 13 à 17 ans, soit un jeune sur quatre, dépassent cette durée recommandée. Chez les plus jeunes de 6 à 12 ans, ils seraient 9 % à dépasser ce seuil. » (en passant, plusieurs experts en neurosciences recommandent seulement de 5 à 7 heures d’écrans récréatifs par semaine pour les individus de plus de 6 ans.)

Deux heures par jour, ça fait 730 heures par année et 8030 heures après 11 ans. Bref, le finissant « raisonnable » aura passé l’équivalent de 8,92 années scolaires devant un écran récréatif lors de la remise de son diplôme d’études secondaires.

Bof !

En ce moment de tourbillon extrême, inutile de chercher l’équilibre ou de faire preuve de nuance quant à l’éducation de nos enfants.

Si la SAQ a mis près de deux semaines à répondre à ma commande en ligne de 12 bouteilles de vin, est-il possible de croire que le système d’éducation livrera la marchandise en trois semaines ?

Je veux tout, tout de suite et ici chantait Ariane Moffatt en 2008.

En 2020, sois patient. Tu auras certaines choses quand viendra le temps.

Santé !

vendredi 27 mars 2020

Réponse aux directions des écoles primaires et secondaires

Bonjour à tous,

Le 23 mars dernier, j'ai lu la lettre ouverte des représentants de la grande majorité des directions des écoles primaires et secondaires du Québec, publiques et privées, qui implorent le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge et le premier ministre François Legault de ne pas annuler ce qu’il reste de l’année scolaire au Québec.

Je dois dire que la lecture de ce texte m'a laissé un brin perplexe. 

J'ai donc proposé à Mathieu Bernière, Sylvain Bérubé, Luc Papineau et Marc St-Pierre de collaborer à l'écriture d'un texte en guise de réponse à cette lettre. Je dois dire que j'ai adoré l'expérience. Je remercie sincèrement mes quatre coauteurs. Des gars intelligents et humbles. Des gars que je respecte beaucoup et en qui j'ai confiance.

Voici le lien vers le HuffPost :


Bonne lecture !

jeudi 26 mars 2020

Pour la suite du monde en éducation (partie 2)


Si mon premier texte voulait mettre en lumière les décisions à prendre dans le but de débuter rapidement la préparation de la prochaine année scolaire, celui-ci abordera la nécessaire et primordiale transition qui s’en vient.

Il est difficile de croire qu’il sera possible de reprendre réellement plusieurs mois de congé forcé.

Comment « récupérer » tout ce temps sans école ?

D'emblée, je dois vous dire que j’ai une vision humaniste de l’éducation.

Toutefois, ma proposition pour 2020-2021 consiste à pratiquer une philosophie contraire à mon idéal: il faudra avoir une vision utilitariste de celle-ci.

Les choix à faire

Lorsque le ministre de l’Éducation prendra les décisions qui s’imposent, les équipes écoles pourront se mobiliser et planifier les séquences pédagogiques afin d’optimiser les apprentissages pour la prochaine année scolaire.

Dans les circonstances, il faudra répondre en équipe (matière, niveau, école) à des questions essentielles :

1. Est-ce que tout mon programme est indispensable ? Est-il possible de « couper » certains sujets pendant l’année de transition afin de dégager du temps ?

2. Est-ce que les sujets choisis et enseignés nécessitent des savoirs préalables ?

3. Si oui, ces savoirs préalables ont-ils été enseignés par mon (mes) collègue(s) ?

Si ces savoirs préalables n’ont pas été abordés en 2019-2020, je devrai donc prendre le temps nécessaire afin d’enseigner ces notions (qui ne sont pas à mon programme) à mes élèves.

Est-ce qu’il faudra ajouter des heures de cours ? Enseigner lors de certaines journées pédagogiques ? Offrir des cours de rattrapage selon un horaire spécial ?

Comment aider les élèves les plus vulnérables ? Ceux qui auront besoin d’un peu plus de temps ?

À ne pas en douter, cette prochaine année scolaire sera celle de l’adaptation et de la flexibilité.

Le pire scénario serait de croire que nous détenons individuellement les meilleures idées, de foncer la tête la première et de nous rendre compte, à l’automne, que le voisin avait une excellente solution à laquelle nous n’avions pas pensée.

C’est ici que j’invite tous les services éducatifs des différents centres de services à communiquer entre eux dès maintenant. Je crois qu’ensemble, il est possible de trouver quelques solutions exceptionnelles pour optimiser les apprentissages.

Notre Politique d’évaluation des apprentissages insiste sur le fait que « l’élève n’apprend pas pour être évalué : il est évalué pour mieux apprendre ». Ainsi, l’année 2020-2021 sera l’opportunité de donner plus d’importance à une évaluation qui soutient l’apprentissage. Une évaluation des apprentissages au service de l’élève. Une évaluation formative de qualité.

Souhaits

Notre système d’éducation enferme nos enfants et nos adolescents dans un cercle vicieux : « on déplore que les élèves travaillent pour les notes mais, du même coup, on utilise les notes comme principal (seul ?) moyen pour « les motiver ». On maintient ainsi les élèves dans un état de dépendance vis-à-vis des notes… et du professeur qui les attribue. » (Laveault, 1994)

Je vous invite à profiter de la situation actuelle pour changer cette perception de l’apprentissage chez nos jeunes. Selon moi, il s’agit d’un moment privilégié afin de cultiver le désir d’apprendre… juste pour le plaisir.

À ceux et celles qui en sont capables, vous pouvez suivre la suggestion de Normand Baillargeon et expérimenter l’école à la maison. Il ne propose pas de reprendre ce qui aurait été fait à l'école, mais de travailler à partir de situations authentiques. C'est aussi ma suggestion. Utiliser ce moment "particulier" pour faire des apprentissages signifiants.

À mes collègues enseignant.e.s qui désirent enseigner à distance, pourquoi ne pas sortir de notre cadre usuel ?

Plutôt que de faire « la matière à l’horaire », pourquoi ne pas créer un rendez-vous éducatif avec les jeunes ?

À ce propos, la page Facebook de Yannick Bergeron est un exemple à suivre. Je salue ici son excellente initiative. Il présente des expériences scientifiques à faire à la maison.

Vous irez écouter ses capsules.

Juste pour le fun d’apprendre.






mercredi 25 mars 2020

Pour la suite du monde en éducation (partie 1)


Pour les éternels optimistes, il est possible que les écoles primaires et secondaires reprennent du service au mois de mai. Pour les réalistes, il y a fort à parier que l’année scolaire 2019-2020 est maintenant terminée.

Peu importe le scénario envisagé, la 3e étape du bulletin scolaire sera soit lourdement amputée, soit complètement annulée. Comme sa valeur représente 60 % de la note finale, il faudra prendre une décision rapide en ce qui concerne les directives quant aux dossiers des élèves.

Est-ce que le Québec doit imiter l’Alberta et permettre le passage automatique à l’année suivante ?

Et si tel n’est pas le cas, j’ai deux petites questions pour vous : qui aura à reprendre son année et comment justifier cette décision ?

En toute humilité, je vous propose un résumé de mes réflexions. Ce premier texte abordera les décisions à prendre le plus rapidement possible. Le second discutera des enjeux pour la prochaine année scolaire.

À propos des cours à distance

Des cours en ligne ne changeront absolument rien aux orientations que le ministère de l’Éducation devra prendre pour nos enfants et nos adolescents.

À ce propos, le communiqué récent du syndicat des professeur.e.s de la Télé-université est révélateur : « Proposer de remplacer l’enseignement en présentiel par l’enseignement à distance en « un claquement de doigts », c’est répandre une conception fausse du travail d’enseignement en général, et de l’enseignement à distance en particulier […] C’est aussi méconnaître les spécificités de l’enseignement à distance, notamment ses aspects pédagogiques, organisationnels et juridiques. »

Pour les rêveurs parmi nous, malgré toutes nos bonnes intentions, ce sont (encore une fois et malheureusement) les élèves vulnérables qui vont en prendre pour leur rhume. Pour eux, la meilleure solution consiste à être à l’école.

À propos de l’évaluation

Les valeurs retenues par le ministère de l’Éducation (MEQ) dans sa Politique d’évaluation des apprentissages constituent l’assise d’une évaluation de qualité. Elles sont d’une importance capitale si l’on vise l’égalité des chances et la réussite pour tous.

Le choix du MEQ « s’est donc arrêté sur les valeurs fondamentales que sont la justice, l’égalité et l’équité, auxquelles s’ajoutent trois valeurs instrumentales, soit la cohérence, la rigueur et la transparence ».

Et à quoi sert l’évaluation ?

Les deux principales fonctions dans le domaine scolaire sont l’aide à l’apprentissage (aussi appelée formative) et la reconnaissance des compétences (aussi appelée sommative).

Ces différentes fonctions doivent être perçues comme complémentaires. Néanmoins, la vision ministérielle est claire : on doit se concentrer sur l’évaluation en vue de favoriser l’apprentissage. 

Plan de match

Considérant,
- Le « risque » pédagogique des cours en ligne qui sont ou seront implantés en catastrophe ;
- Les valeurs et les fonctions de l’évaluation ;
- La fragilité scolaire de tous les élèves vulnérables.

Le ministre de l’Éducation doit :
- Annuler la 3e étape (excellente décision d’avoir annulé les examens de juin du ministère) ;
- Donner une directive claire et immédiate quant à la marche à suivre dans la production des bulletins finaux. (En ce qui me concerne, j’appuie le modèle albertain)

Ces décisions nous mettront en mode « préparation de la prochaine année scolaire ». Elles permettront de prévoir l’organisation scolaire 2020-2021 - dont prioritairement la formation des groupes.

Ainsi, les enseignant.e.s choisiront leur tâche et les contrats seront distribués à tout le personnel. À compter de ce moment, les équipes écoles pourront se mobiliser et planifier les séquences pédagogiques afin d’optimiser les apprentissages de l’an prochain.

De plus, dans un souci de respect des valeurs fondamentales associées à l’évaluation, le ministre de l’Éducation doit ordonner un temps d’arrêt pour juin 2021 en ce qui concerne tous les examens du ministère et ceux des centres de services.

Cette condition est essentielle à une transition harmonieuse, mais elle doit s’accompagner d’une autre mesure exceptionnelle…

Le patronat et le syndicat doivent annoncer un statu quo en ce qui concerne la négociation de la convention collective et reconduire celle-ci jusqu’en juin 2021.

Maintenant, place à la rentrée 2020.

Cette prochaine année scolaire sera sous le signe des mesures adaptatives exceptionnelles.




vendredi 28 février 2020

Nespresso, quoi d'autre ?

Bonjour à tous,

La nouvelle de Marie-Eve Morasse, Malaise autour d'un don de 4000 cafetières aux écoles, a provoqué plusieurs réactions cette semaine.

De mon côté, c'est surtout la réaction de plusieurs enseignants sur les réseaux sociaux qui a provoqué chez moi un grand malaise.

Ce lien vous dirigera vers mon texte publié dans La Presse :

Nous ne sommes pas des panneaux publicitaires

Bonne lecture !

lundi 17 février 2020

Le complexe de Dieu


Lors de la dernière campagne électorale, sous le thème de l’éducation, François Legault a fait de la maternelle 4 ans son principal cheval de bataille. Les autres grandes promesses de son parti étaient la baisse des taxes scolaires, la valorisation de la profession enseignante et l’abolition des commissions scolaires.

Ainsi, la CAQ n’a jamais fait de mystère quant à son intention de transformer les commissions scolaires (CS) en centres de services (CS !). Pour le quidam moyen, l’opération se voulait simple et pleine de bons sens : éliminer les élections scolaires et les commissaires.

C’est donc sous cet angle que le projet a été présenté à la population. Un coup de génie afin que le projecteur reste braqué sur une cible facile.

François Legault a récemment invité l’opposition à « aller dans les centres commerciaux pour demander aux gens s’ils souhaitent conserver les élections scolaires ou non ». À l’évidence, les gens n’ont rien à foutre des commissaires et des élections scolaires. Si j’allais faire un vox pop dans un centre commercial, je suis persuadé que j’entendrais ce que le premier ministre veut entendre.

Par contre, si je posais une deuxième question du genre « est-ce que vous pouvez me nommer un seul autre élément du PL40 ? », il y a fort à parier que le peuple serait muet comme une carpe.

Bref, la disparition des élections scolaires n’est que la pointe visible de l’iceberg.

Objectif marchandisation

Il est difficile de comprendre pourquoi le ministre Roberge a accepté de travailler 9 mois sur son projet de loi 5 (maternelle 4 ans ; 8 pages, 20 articles), mais qu’il s'impatiente après à peine 4 mois de travail sur son projet de loi 40 (92 pages, 312 articles).
Comme le dit si bien Wilfried Cordeau, « le problème avec le PL40 ne réside pas que dans le fait d'abolir une structure élective. C'est surtout que, ce faisant, il fait sauter un verrou stratégique pour la poursuite et l'accélération de la marchandisation de l'éducation. La précipitation et la faiblesse des arguments qui gouvernent ce projet depuis ses origines continuent de me convaincre qu'il ne représente pour la CAQ et ses partisans non pas une fin en lui-même, mais un simple moyen pour accomplir un dessein plus radical. L'enjeu réel du PL40 n'a rien à voir avec la pertinence des élections scolaires. Il a à voir avec la marchandisation de l'éducation. »
À ce propos, une photo publiée par le ministre de l’Éducation sur sa page FB, loi 40 à la main, est particulièrement révélatrice de l’idéologie derrière ce projet de loi. En effet, un Youri Chassin tout sourire, se tient bien fièrement à la droite (quel hasard) de Jean-François Roberge.
Pour Youri Chassin, « les réformes nécessaires doivent passent (sic) par une révision complète du rôle de l'État, par une ouverture accrue envers les solutions de marché, la liberté de choix et la responsabilisation individuelle. »
Selon lui, « nos élus doivent recentrer l'État sur ses missions fondamentales […] Cela signifie, oui, éliminer des programmes complets. Également, ouvrir une partie du secteur de la santé et de l'éducation, par exemple, à la concurrence et aux entrepreneurs privés. »

Avoir la foi

Quelles sont les qualités d’un bon ministre de l’Éducation ?

Jean-François Roberge est catégorique : « Quelqu’un de déterminé, mais à l’écoute. La dernière chose dont on a besoin, c’est d’un ministre qui arrive avec des idées toutes faites et qui les implanteraient sans consulter. »

D’ailleurs, au début de son mandat, il nous informait qu’il était pressé de commencer, mais qu’il n’arrivait pas avec un bulldozer.

C’est vrai.

Monsieur Roberge est plutôt arrivé avec sa bible. Son œuvre phare intitulée Et si on réinventait l’école. Et lorsqu’on semble souffrir d’un complexe de Dieu, il devient tentant de vouloir convertir les païens. De gré ou de force.

À l’aide de son apôtre St-Youri-Chassin, quel est ce paradis que nous propose nos élus ? Un réseau d’écoles complètement autonomes, en concurrence totale les unes envers les autres.

Le gouvernement Legault donnera un an aux entreprises pour présenter un plan efficace dans l’optique d’élargir le système de consigne à toutes les bouteilles et canettes. Les nouvelles mesures devraient entrer en vigueur au cours de l’automne 2022. Des projets pilotes pourraient voir le jour dès cette année dans quelques villes.

Pendant ce temps, en éducation, inutile de réfléchir, discuter, s’entendre ou même tester le projet de loi mammouth du ministre.

Décidément, Monsieur Roberge est capable de faire des miracles. Pendant ses Noces de Cana du 7 février dernier, au bénéfice de ses fidèles, il a changé l’eau en vin. 

Alléluia !

jeudi 23 janvier 2020

Dynamitage du cours ECR

Bonjour à tous,

Quand le ministère de l’Éducation abandonnera-t-il cette manie de prendre des décisions improvisées qui modifient les programmes d’études et le curriculum sans que soit fait un solide bilan de ce qui existe et justifié ce par quoi il faut le remplacer?

En ce qui concerne le dossier du cours Éthique et culture religieuse (ECR) au secondaire, j'ai collaboré à l'écriture d'un texte, une initiative de Mme Suzanne-G. Chartrand et M. Guy Bourgeault.

Voici le lien :


Bonne lecture !

lundi 20 janvier 2020

L'abolition du paratonnerre

Bonjour à tous,

Les travaux parlementaires sur le projet de loi 40 reprennent à la suite d'un automne assez mouvementé. Violaine Cousineau et Wilfried Cordeau ont décidé d'écrire une lettre afin de souligner l'amorce du sprint final dans ce dossier. 

Voici le lien vers ce texte que j'ai cosigné :


Bonne lecture !



jeudi 9 janvier 2020

Rêver l'école

Bonjour à tous,

La création de nouvelles écoles mobilise beaucoup de ressources strictement réservées au "contenant". Il est plus que temps de s'attaquer au contenu...

Mon texte d'aujourd'hui :

Rêver l'école

Bonne lecture !

vendredi 20 décembre 2019

Quand le patronat veut optimiser les enseignants

Bonjour à tous,

J'ai lu les propositions patronales en vue du renouvellement de l'entente.

Efficacité, souplesse, disponibilité, optimisation... autant de beaux mots dans un seul et unique but : répondre aux besoins des élèves.

Vraiment ?

Mon texte de cette semaine sur la négociation qui commence :

Quand le patronat veut optimiser les enseignants

Bonne lecture !

Et de très joyeuses Fêtes à tous les lecteurs du blogue :)


vendredi 13 décembre 2019

PL 40 : Un travail de fin de session bâclé

Bonjour à tous,

En cette fin de session parlementaire, j'ai décidé d'écrire un texte qui se veut une critique de l'aventure automnale en éducation : le projet de loi 40.

Si certains pensaient que le ministre avait un objectif spécifique, soit la disparition des élections scolaires, ceux qui ont analysé le projet de loi ont vite constaté qu'il s'agissait plutôt d'un projet de loi "mammouth" :

Un travail de fin de session bâclé

Un énorme merci à Marc St-Pierre, collaborateur efficace et intelligent.

Bonne lecture !


vendredi 6 décembre 2019

L'enseignement n'est pas une affaire de chiffres


Bonjour à tous,

Dans son numéro de décembre intitulé Bien dans mon travail, la revue Éducation Canada met l’accent sur les manières dont nous pouvons (et devons) renforcer le bien-être émotionnel et social du personnel des systèmes d’éducation publique primaire et secondaire, et ce, afin de favoriser des milieux scolaires plus sains et des expériences d’apprentissage plus enrichissantes pour les élèves.

J'ai collaboré à ce numéro en écrivant un texte sur le bien-être à l'école : 


À partir du texte du Journal, vous pourrez suivre les liens vers la Revue Éducation Canada.

Bonne lecture !

samedi 16 novembre 2019

Commission parlementaire sur le PL40

Bonjour à tous,

À la suite de la première semaine des audiences sur le projet de loi 40, Marc St-Pierre nous livre ses impressions sur deux grandes tendances qui semblent se dégager de la commission parlementaire :

Une semaine révélatrice

Bonne lecture !


vendredi 8 novembre 2019

40 nuances de Roberge (2)

Bonjour à tous,

Si le premier chapitre des 40 nuances de Roberge abordait le mythe de la fin de la bureaucratie avec le projet de loi 40 du gouvernement, le chapitre suivant discute de la valorisation de la profession à la manière caquiste :

40 nuances de Roberge (2)

Bonne lecture !

dimanche 3 novembre 2019

40 nuances de Roberge

Bonjour à tous,

Le projet de loi 40, sous sa forme actuelle, est un dangereux fourre-tout.

D'ailleurs, j'ai bien hâte de voir la commission parlementaire à ce propos.

En attendant, voici mon premier texte sur une partie du projet de loi :

40 nuances de Roberge 

Bonne lecture !

vendredi 25 octobre 2019

Du plomb dans la tête

Bonjour à tous,

L'inertie du gouvernement dans le dossier du plomb dans l'eau potable est une véritable honte.

Mon texte à ce propos :

Pas de plomb dans la cervelle

Bonne lecture !

vendredi 27 septembre 2019

Le directeur Legault

Bonjour,

Cette semaine, c'est un texte de Mario Dumont qui m'a poussé à écrire. Voici le lien vers ma publication sur le Blogue des profs :

Le directeur Legault

Bonne lecture !

vendredi 13 septembre 2019

Réponse à Loïc Tassé

Bonjour,

Aujourd'hui, j'ai décidé de répondre à un texte méprisant envers les enseignants.

S'tassé les insultes

Il s'agit de la première partie d'une riposte de la part du Blogue des profs. Samedi matin, vous aurez la chance de lire l'excellent billet de mon collègue Mathieu Bernière.

Bonne lecture !

jeudi 29 août 2019

Miracle au pays de l'anglais intensif

Bonjour,

À la suite de la publication d'un article sur les vertus de l'anglais intensif, j'ai décidé de consulter la fameuse recherche du ministère de l'Éducation à ce propos.

Miracle au pays de l'anglais intensif

Êtes-vous un croyant ?

Bonne lecture !


vendredi 23 août 2019

Bilan 2018-2019 et perspective 2019-2020

Bonjour à tous,

À la suite d'une année scolaire marquée par un changement de gouvernement, il me fait plaisir d'être de retour avec vous.

Cette première chronique se veut un retour sur les principaux événements de la dernière année scolaire. À la veille de la rentrée, on peut déjà dire qu'il y aura également quelques sujets à surveiller en 2019-2020. Voici le lien vers mon billet publié sur le site du Journal


Merci à tous mes lecteurs !

Bonne année scolaire :) 




dimanche 30 juin 2019

Entrevue au FM 93

Bonjour à tous, 

J'étais en entrevue ce matin au FM 93 à l'émission Que Québec se lève

Merci à l'animatrice Pascale Caron-Vézina : gentille, chaleureuse et généreuse. Il est plutôt rare de revoir ses anciens élèves dans un studio de radio ! 

Merci également à Steve Bissonnette et à Marc St-Pierre de leurs précieux conseils... J'ai fait mon possible afin de vous citer dignement. 

Voici le lien : Entrevue au FM 93

Bonne écoute !

vendredi 28 juin 2019

Subventionner l'école privée à 100 % ?

Bonjour à tous,

Dans ce dernier texte de l'année scolaire, je vous invite à lire une réflexion en lien avec le financement des écoles privées.

Il s'agit d'un sujet un brin spécialisé, mais pour les amateurs de politiques publiques, cette retranscription de l'échange entre M. Camil Bouchard et le Mouvement l'école ensemble est fort intéressante.

Voici le lien vers le Blogue des profs :

Comment empêcher l'école privée de nuire ?

Bonne lecture !

jeudi 20 juin 2019

Du temps supplémentaire pour faire les examens

Bonjour à tous,

En janvier dernier, j'ai écrit un billet à propos des concepts de justice, d'égalité et d'équité. Dans cette chronique, je voulais m'entretenir avec vous des accommodements au nom du dieu équité. Pour le meilleur et pour le pire, le système d'éducation voue un véritable culte à cette valeur fondamentale :

Les accommodements déraisonnables (janvier 2019)

Inspirée par ce texte, ma collègue du Journal, Daphnée Dion-Viens, publie aujourd'hui un article auquel j'ai participé :

Élèves en difficulté : le temps supplémentaire pour faire les examens devenu un fléau

Bonne lecture !