Bonjour à tous,
À la suite de ma publication du 23 juin dernier, j'ai échangé sur ma page FB à propos des cours d'été.
Voici une question d'un lecteur qui m'a forcé à préciser ma pensée. Je vous laisse ici l'échange :
Q - Je comprends le malaise. Dans le contexte actuel, pourquoi penses-tu que le CSS (ou les CSS) optent pour cette solution plutôt que pour l'embauche / utilisation des enseignants déjà à son emploi? Est-ce qu'ils ne réussissent plus à en recruter ou est-ce qu'ils économisent ainsi?
R- Avec des ressources humaines et financières limitées, les CSS doivent faire des choix. Plusieurs CSS décident donc de refiler la facture des cours d'été aux parents. Comme le mentionne Isabelle Trempe, certains CSS exigent un seuil minimal afin de s'inscrire aux cours. D'autres non. Tu comprendras qu'à 450 $/cours, il y a donc une forte sélection par le portefeuille. Imagine l'élève qui peut ou qui doit s'inscrire à deux cours !
On peut aussi supposer que la sous-traitance des cours d'été résultera à une hausse des coûts dans les prochaines années...
Toutefois, mon questionnement va beaucoup plus loin. Pourquoi tant d'élèves sont en échec ? J'oserais même ajouter : pourquoi tant d'élèves sont en échec malgré la baisse de nos exigences ? Est-ce que le tableau de bord du ministre Drainville ne pourrait pas nous fournir des chiffres en lien avec les cours d'été ? Malgré une réussite à un cours d'été, est-ce que l'on peut affirmer que le cours en question a été efficace pour le jeune ? Est-ce qu'un cours d'été est la solution pour combler les déficits d'un jeune ? Je crois sincèrement que non. La grande majorité du temps, je vois des élèves qui ont encore les mêmes grandes lacunes. Mes collègues pourraient sûrement en témoigner eux aussi. C'est comme si on pensait qu'un cours d'été était une pilule miracle qui règle, comme par magie, l'apprentissage des notions dans une matière donnée.
Comment peut-on vraiment aider un jeune pendant les 10 mois d'école ? Comment consolider les acquis pour l'année suivante ? Quelles sont les approches à privilégier pour nos jeunes en difficulté ? Est-ce que l'on devrait offrir davantage de tutorat ? Est-ce que certains services, comme l'orthopédagogie, sont sous-exploités pour diverses raisons ? Est-ce que des élèves sont assis sur la mauvaise chaise pendant l'année ?
Et on pourrait continuer longuement la discussion en posant d'autres questions, en discutant, en cherchant des explications et en proposant quelques pistes de solution.
Une chose est certaine : nous sommes engagés sur la mauvaise voie !
Sur une autre note, ça me rappelle un texte écrit au JDM en 2017 et intitulé "Passage à 58% : le réveil des martiens" (lien ici). J'y parle de modération des résultats par le ministère, du tripotage de notes au secondaire et du passage d'un niveau à l'autre malgré un échec.
Extrait de la dernière partie de la chronique :
"Pour les martiens parmi nous, je dois vous avouer qu’il y a encore pire.
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